La question de la semaine (#15)

15 À quoi servent les grades en aïkido ?

L’aïkido, comme la plupart des arts martiaux aujourd’hui, utilise un système de grades pour marquer la progression des pratiquants. Ce système est directement inspiré de celui inventé par Jigoro Kano, fondateur du judo.

Les kyus sont les premiers examens techniques. On progresse tout d’abord du 6° au 1° kyu. Ces passages se déroulent au sein des clubs, gérés par les professeurs. Ils correspondent aux passages de ceintures de couleur (blanche, jaune, orange, etc.) que connaissent bien les pratiquants de judo ou de karate. Mais, en aïkido, on conserve généralement la ceinture blanche jusqu’à l’obtention du grade de shodan (littéralement : « premier dan », la fameuse ceinture noire), qui suit le 1° kyu.

À partir du 1° dan, l’examen se déroule devant un jury constitué de hauts-gradés, auquel se présentent les pratiquants de toute la ligue. Les quatre premiers dans sont des examens techniques évalués selon différents critères. À partir du 5° dan, les grades sont délivrés en fonction de l’investissement du pratiquant dans sa recherche personnelle et le développement de l’aïkido. L’aïkido comprend normalement huit dans mais il arrive que le 9° dan soit décerné, le plus souvent à titre posthume, à des pratiquants émérites.

Contrairement à une idée reçue, le grade de shodan ne correspond pas à un haut niveau de maîtrise, que ce soit en aïkido ou dans d’autres arts martiaux. C’est au contraire le moment à partir duquel un pratiquant est considéré avoir débuté la pratique de son art. Il faut donc y voir le point de départ, et en aucun cas l’aboutissement d’une étude. C’est le moment à partir duquel les bases sont assez assurées pour que puisse commencer la recherche.

Les passages de grades font partie intégrante de la pratique de l’aïkido, ils marquent une évolution, un cheminement, permettant ainsi à chaque pratiquant de prendre conscience de son niveau technique. Ils sont l’occasion d’une préparation spécifique et intensive, source de progrès réels pour le pratiquant qui s’y astreint. C’est dans cette optique qu’ils doivent être abordés, et certainement pas comme une fin en soi. Des règles précises imposent des temps minimum de pratique entre chaque grades (exemple : une année entre le 1° kyu et le 1° dan, deux années effectives entre le 1° et le 2° dans, etc.).

Certains pratiquants très anciens recommencent parfois à porter une ceinture blanche. C’est une façon d’indiquer qu’ayant accompli un cycle de progression, ils recommencent une nouvelle évolution. À prendre cette idée au sérieux, il serait déplacé de recommencer à porter une ceinture blanche trop tôt…

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