La question de la semaine (#17)

17 Pourquoi me conseille-t-on toujours de me détendre ?

La recherche du relâchement est une partie importante de la pratique de l’aïkido, qui vous sera souvent rappelée par vos enseignants. L’un des principes fondamentaux de l’aïkido consiste en effet à n’utiliser que très peu sa force musculaire, pour exploiter au mieux celle du partenaire.

La réalisation des mouvements d’aïkido suppose que l’on soit capable de descendre son centre de gravité, d’acquérir une amplitude, une rapidité des mouvements et une disponibilité totale. En aïkido, tout est d’abord question de placement, c’est à dire : de liberté d’action. Ce travail de « non force » est impossible sans un réel relâchement musculaire. C’est l’un des intérêts du travail sur saisie que d’affronter directement cette difficulté.

Cela ne signifie pas pour autant que les pratiquants d’aïkido ne mettent aucune « puissance » dans leurs mouvements ; simplement que cette puissance n’est pas d’origine musculaire. C’est au contraire de l’énergie créée par la dynamique propre d’un mouvement ou le développement du « souffle-énergie » (kokyu ryoku) que naît cette puissance. Là encore, le relâchement musculaire est condition de possibilité.

Pour marquer les progrès sur cette voie, on distingue quatre états, à travers lesquels on doit s’élever progressivement : kotaï, l’état solide (utilisation sincère de la force physique) ; jutaï, l’état fluide (énergie sans contraction, disparition progressive du solide, puissance croissante) ; ekitaï, l’état liquide (déroulement totalement fluide du mouvement) ; kitaï, l’état gazeux (que caractérise ki awase, la rencontre de l’énergie, par laquelle on enveloppe totalement aïte).

Au-delà du corps seul, les crispations et tensions musculaires ne permettent pas à l’esprit d’être clair et détendu, libre. Relâchement du corps et relâchement de l’esprit sont inséparables. Ils sont condition de toute disponibilité, d’une plus grande vivacité et présence. Se libérer des tensions c’est aussi se libérer des peurs !

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