La question de la semaine (#29)

29 Qu’est-ce que le centre ?

Lors des cours d’aïkido, vous entendrez certainement parler du « centre ». On vous demandera d’y garder vos mains, de prendre celui du partenaire… Qu’est-ce que tout cela veut dire ?

À un premier niveau, le centre désigne tout simplement l’axe vertical du corps (celui qui irait du sommet du crâne au bas de la colonne vertébrale). Travailler « dans son centre » c’est donc tout d’abord travailler « devant soi », dans cet axe. Il s’agit d’une simple rationalisation des gestes. Que ce soit sur un tatami ou dans la vie de tous les jours, les gestes les plus logiques, naturels et, donc, efficaces, sont en effet réalisés de cette façon. De nombreux exercices, notamment lors de la préparation, visent à vous permettre de prendre conscience de cela.

À un deuxième niveau, le centre désigne également le « centre de gravité » du pratiquant, autour duquel s’organise sa capacité à maintenir l’unité de son corps (équilibre, verticalité, centrage des mains, placement des hanches…). « Prendre le centre » du partenaire, c’est alors perturber cette unité. Il ne s’agit pas seulement de l’exercice d’une supériorité physique (le plus fort pousse le plus faible) ; il s’agit de construire et exploiter un avantage postural. En aïkido, il s’agit concrètement souvent de casser la verticalité de la colonne vertébrale par le contrôle d’une chaîne articulaire (coude – épaule, par exemple). D’une façon comparable, au sera souvent attentif au centre du mouvement relatif des deux partenaires.

À un troisième niveau, le centre désigne le seika tanden, le « centre des énergies », point d’intersection de tous les méridiens et « foyer » du ki (énergie) dans le corps humain. « Prendre conscience de son centre » revient alors à s’extraire de la seule pratique physique pour aborder une autre dimension de l’aïkido, visant à l’expression du souffle énergie (kokyu ryoku), source d’une puissance étrangère à la seule force musculaire.

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