La question de la semaine (#32)

32 Qu’est-ce qu’un atemi ?

 Un atemi (de « ate », coup ; et « mi », corps) est un coup porté à une cible précise, qui est toujours un « point faible » du corps. Il existe différentes cibles, qui peuvent être des points vitaux, des points provocant l’évanouissement, des points douloureux, des articulations… L’atemi peut être donné par différentes parties du corps (poing, pied, coude…).

En aïkido, la plupart des atemis sont portés avec la main, que ce soit sous forme de coup de poing (tsuki) ou avec le tranchant de la main (shuto : shomen ushi, yokomen ushi, suihei ushi…). Un travail de frappe au pied existe également, quoiqu’il soit peu fréquent. Si l’attaque effectuée par uke peut être un atemi (il existe aussi de nombreuses saisies), tori lui aussi doit avoir en tête la possibilité d’utiliser des atemis.

En effet, l’aïkido comme discipline martiale est construite sur la référence au combat réel, qu’il ne faut jamais totalement perdre de vue, de peur de rentrer dans des constructions vides. En situation de combat, l’atemi serait souvent la réponse la plus naturelle et la plus décisive à une agression. L’aïkido tente de dépasser cette logique d’opposition et de construire des mouvements permettant, plutôt que de lui opposer une énergie antagoniste supérieure, de canaliser l’énergie de l’attaque d’aïte. Ainsi en aïkido les atemis ne sont-ils pas utilisés en tant que réponses satisfaisantes, mais leur possibilité doit rester claire dans l’esprit des partenaires, de façon à permettre un travail juste (uke restant par exemple sur ses gardes et prêt à subir une frappe en réponse à sa propre attaque, ce qui permet de construire une attitude correcte dans l’attaque).

Les atemis sont surtout utilisés en aïkido comme jalons de construction : ils permettent de vérifier la justesse d’un placement, d’une distance. Ils peuvent également être utilisés de façon à générer un déplacement ou un déséquilibre d’uke pour créer ou prolonger l’opportunité d’un mouvement.

Dans un travail plus avancé, on considère que ces différentes dimensions doivent être intégrées de façon « invisible » aux mouvements d’aïkido : l’esprit de l’atemi plutôt que le seul geste.

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