La question de la semaine (#38)

38 Pour quelle(s) raison(s) chute-t-on ?

La pratique de l’aïkido est reconnue pour son dynamisme et les nombreuses chutes qu’effectuent les pratiquants. Mais en assistant pour la première fois à un cours ou à une démonstration d’aïkido, vous aurez peut-être eu l’impression que les pratiquants se jetaient tous seuls au sol, qu’ils « simulaient » une projection. Cette impression est à la fois juste et fausse.

Elle est erronée dans le sens où, lorsqu’ils sont correctement effectués, les mouvements d’aïkido ne laissent pas à celui qui les subit de nombreuses échappatoires. Qu’ils jouent sur un déséquilibre ou une clef articulaire, les mouvements d’aïkido ont tous pour résultats un contrôle du partenaire, c’est à dire une projection ou une immobilisation.

Il est cependant vrai que la chute est généralement effectuée volontairement par les pratiquants aguerris dans l’optique de se protéger : il vaut souvent mieux accepter le déséquilibre que laisser une articulation fragile comme le poignet subir une contrainte forte ; il vaut mieux réaliser une chute bien organisée que tomber contre son gré sur le sol, au risque d’une mauvaise réception.

Le terme japonais pour désigner ces chutes ou, plus exactement, brises-chutes, est « ukemi » (littéralement : « recevoir avec le corps »). Leur étude est primordiale à la pratique de l’aïkido. Être capable de chuter sans se blesser permet non seulement d’étudier plus longuement, mais aussi de se libérer de la crainte, de laisser les mouvements se dérouler avec fluidité, de s’inscrire dans leur plein développement.

Cette question vous a intéressé ? Achetez le livre !