La question de la semaine (#39)

39 Est-ce magique l’aïkido ?

Certainement pas ! Même si certains mouvements, par leur facilité apparente ou leur efficacité inattendue peuvent étonner, l’aïkido n’a rien de magique ni d’incompréhensible.

La plupart des mouvements d’aïkido reposent sur des principes de bio-mécanique humaine assez simples comme les limites articulaires, les postures d’équilibre, la dynamique des forces… Ces différents principes sont exploités par l’aïkido de deux façons complémentaires : la mise en place par le pratiquant de gestes rationnels, économiques, efficaces ; la création et l’exploitation par le pratiquant de situations de blocage articulaire, de déséquilibre etc. chez son partenaire.

Ce qui semble le plus souvent étonnant à ceux qui découvrent l’aïkido, c’est la facilité apparente avec laquelle les pratiquants réalisent certains mouvements. Cette apparence trouve son origine dans l’idée de la mise en œuvre d’une « non-force » : plutôt que par une supériorité physique, et même en dépit d’une infériorité physique éventuelle, c’est par la mise en place de structures corporelles (statiques et dynamiques) que pourront être réalisés les mouvements d’aïkido.

Une autre source d’étonnement vient souvent de la facilité avec laquelle un pratiquant vient à bout d’une multiplicité d’attaques (voire : d’attaquants). C’est bien souvent que la situation de travail est mal comprise : en aïkido, celui qui réalise la technique ne la réalise jamais « contre » celui qui l’attaque, lequel s’efforcerait autant qu’il le peut de « contrer » les mouvements réalisés. L’aïkido, que ce soit en démonstration ou pendant les phases de travail d’un cours, se construit dans l’échange et l’acceptation. Rien de magique donc à ce qu’uke soit projeté un grand nombre de fois : il est partie prenante de cet échange, qu’il rend possible non seulement en attaquant, chutant, se relevant, attaquant de nouveau, à rythme rapide, de nombreuses fois d’affilées, mais aussi par la disponibilité avec laquelle il « reçoit » la technique et qui rend possible le mouvement lui-même.

Une fois sérieusement entamée l’étude des principes de l’aïkido, tout cela ne devrait plus vous sembler si mystérieux. Vous serez alors prêt à explorer d’autres dimensions de l’étude, qui touchent au développement de la puissance (à travers kokyu ryoku, le souffle énergie) ou à l’harmonisation des énergies elles-mêmes (ki awase) – et qui pourraient bien à leur tour vous donner le sentiment d’une certaine magie…

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