La question de la semaine (#43)

43 Que veut dire le mot « aïkido » ?

La traduction des mots et concepts japonais n’est jamais une chose aisée. Derrière un simple mot, ce sont souvent de nombreuses nuances qui se cachent. Dans le cas de l’aïkido, la traduction du mot implique une compréhension de l’art lui-même, que vous ne développerez réellement qu’en pratiquant. Essayons donc seulement d’approcher les grandes lignes de la question. « Aï ki do » est composé de trois syllabes.

La dernière syllabe est certainement la plus aisée à saisir. « Do » désigne la voie, le chemin que l’on suit. On retrouve cette syllabe dans le nom de très nombreux arts japonais, qu’ils soient martiaux (kendo, judo, bato-do, et même karate-do, que l’on a coutume d’abréger un peu vite) ou non (le cha-do, art de la cérémonie du thé). Dans le monde des arts martiaux, il faut opposer do, système d’éducation et cheminement personnel, à jutsu, recherche d’efficacité ; cette distinction correspond au glissement historique du bujutsu, art de la guerre, au budo, art du guerrier au sens spirituel du terme. Le do japonais renvoie également certainement au tao chinois.

Les deux autres syllabes risquent d’être beaucoup plus difficiles à saisir. « Ki » est l’énergie et correspond tout à fait au « chi » (ou « qi ») des arts martiaux chinois. La notion, étrangère au mode de pensée occidental, pourra vous paraître longtemps obscure, d’autant qu’elle offre, dans le cadre de l’aïkido, de nombreux niveaux de compréhension. «  » renvoie pour sa part à l’idée d’union, de convergence, de concordance. Là encore, la pluralité des sens est grande et vous devrez l’explorer longuement.

On a coutume de traduire « aï ki do » comme : « la voie de l’union des énergies ». Cette traduction a au moins le mérite de souligner que l’aïkido tel que l’a pensé O Sensei n’est pas un simple système de combat. Elle laisse néanmoins un certain nombre de questions ouvertes.

Dans la dernière partie de sa vie, le fondateur parlait de « takemusu aïki » pour désigner la source et la fin de tout budo. C’est en ce sens que l’aïkido était pour lui la voie menant à la compréhension de l’aïki (il ne s’agit donc pas d’une simple abréviation !). Vous pardonnerez donc à un livre aussi modeste de ne pas parvenir à vous éclairer plus parfaitement sur la traduction de ces deux syllabes : « aï ki »…

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