La question de la semaine (#46)

46 L’aïkido est-il un art martial pour les filles, les vieux et les gringalets ?

Au-delà de l’aspect provocateur de la question et des nombreux stéréotypes qu’elle recouvre (« l’aïkido n’est pas un art martial dur » ; « certaines personnes n’ont pas leur place dans les arts martiaux » ; « les femmes sont faibles »…), il faut rappeler que l’aïkido est un art martial sans compétition, dont le dernier mot n’est pas l’efficacité guerrière et dont le principe fondamental est l’absence d’opposition.

Art martial sans compétition, l’aïkido ne répartit pas les pratiquants en catégories de poids et n’oriente pas la pratique par la recherche de la défaite de l’autre. Il autorise ainsi effectivement tout un chacun à pratiquer, et même : à pratiquer ensemble, sans condamner certains à servir de faire-valoir ou de souffre-douleur aux autres. Il autorise ainsi également chacun à pratiquer « à son rythme », c’est à dire, d’abord, selon ses capacités – le seul adversaire que chacun doit vaincre sur ce chemin de développement personnel étant finalement ses propres limites.

L’idée fondamentale de l’aïkido étant l’absence d’opposition, le « désavantage » physique de certains pratiquants (plus petits, moins musclés, plus légers…) ne constitue en aucun cas un handicap définitif dans la recherche. Tout au contraire, il peut même souvent contribuer à orienter plus tôt ces pratiquants dans une recherche technique plus fine, plus aiguisée – alors que d’autres pourraient, à tort, continuer de croire suffisant de faire appel à leur musculature. L’aïkido s’appuie en effet sur une modification de l’utilisation du corps, qui vise à remplacer la seule force musculaire par la recherche d’autres sources de puissances, liée à la technique, au placement, à l’utilisation du kokyu (respiration)…

L’aïkido est donc un art martial ouvert à tous, et l’on peut effectivement espérer qu’il propose une voie d’épanouissement à chacun – hé ! oui : même aux femmes, aux personnes plus âgées ou moins fortes physiquement, qui pourraient bien y trouver un milieu dans lequel on ne s’arrête pas à de tels stéréotypes !

Cette question vous a intéressé ? Achetez le livre !