La question de la semaine (#47)

47 Que sont les Fondations ?

Les Fondations sont un ensemble de dix notions fondamentales structurant l’ensemble de la pratique de l’aïkido. Listées et définies par maître Tamura dans son ouvrage Aïkido (1986), elles constituent des principes qui doivent être incarnés et respectés dans chaque réalisation technique, et des références fréquentes dans l’enseignement et la pratique de notre discipline.

Si elles sont loin de constituer une liste limitative de toutes les notions fondamentales de l’aïkido, les Fondations sont des concepts suffisamment riches pour permettre d’englober la plupart des autres. Ainsi kamae (la garde) contient-elle par exemple déjà zanshin (la vigilance) et metsuke (le regard), ou encore arukikata (la disponibilité des appuis).

Les dix Fondations sont : shisei, kokyu, kamae, ma-aï, irimi, tenkan, ura / omote, taï sabaki, atemi, et kokyu ryoku. Elles sont loin de constituer des aspects réellement séparés de l’aïkido – non seulement car il existe entre elles de nombreux liens et recoupements, mais aussi parce qu’il faut toujours aspirer, par-delà l’apparente pluralité, à retrouver l’unité du mouvement, qui seule lui donnera son aspect naturel, son efficacité véritable – et une certaine perfection.

À ce titre, les Fondations constituent tout autant des bases qu’un aboutissement de l’aïkido. Elles constituent également souvent un objectif à part entière de l’entraînement. En effet, et à titre d’exemple, il est beaucoup plus fondamental pour le pratiquant de développer sa perception et sa compréhension d’irimi en tant que Fondation présente dans toutes les réalisations techniques de l’aïkido plutôt qu’une capacité aveugle à réaliser irimi nage sur commande. Ainsi pourra-t-on, pour prendre un autre exemple, chercher à réaliser kote gaeshi lors de l’entraînement dans l’objectif de développer sa maîtrise de taï sabaki ou tenkan ; ou pourra-t-on varier les attaques (saisies, frappes…) ou les situations de travail (suwari waza, tachi waza, ushiro waza…) sur lesquelles réaliser cette même technique, de façon à approfondir sa compréhension du ma-aï.

Il est dans tous les cas important, dans le cadre de l’entraînement ordinaire, de se rendre sensible à ces notions fondamentales, qui permettent des progrès bien plus profonds que le développement d’une simple capacité à reproduire un mouvement de façon chorégraphiée, rendant possible le développement d’une sensibilité et d’une compréhension de plus en plus fine de l’aïkido dans les principes qui le structurent.

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