La question de la semaine (#53)

53 Qu’est-ce que shoshin ?

Shoshin est un terme japonais que l’on traduit par « esprit du débutant ». Il désigne une attitude mentale qui est considérée représenter le début et la fin du budo, ainsi que la condition de possibilité de tout progrès.

Il s’agit de conserver dans l’étude l’état d’esprit de celui qui découvre la discipline : comme une toile vierge, un récipient vide, se laisser remplir par l’enseignement, avec humilité, enthousiasme, curiosité, et sans que l’étude ne soit perturbée par des préjugés, de fausses certitudes, l’orgueil ou la croyance que l’on sait déjà. Shoshin comprend également une notion de volonté, capacité opiniâtre à rester mobilisé, à endurer un entraînement difficile, à accepter les remises en question, voire une certaine frustration, à l’opposée de toute idée de confort ou d’économie,

S’il est tout à fait possible de se limiter à une pratique « de loisir », l’aïkido, en tant que budo, constitue une voie martiale qui ne saurait être abordée sérieusement sans l’idée d’une certaine durée, d’un engagement à moyen ou long terme. C’est ainsi shoshin qui doit nous conduire, même après de nombreuses années, à continuer à aller nous entraîner, à chercher à progresser, à ne pas seulement reproduire « ce que l’on sait », mais à chercher à apprendre «  ce que l’on ne sait pas ».

Ainsi, si shoshin désigne bien l’esprit du débutant, il ne concerne en aucun cas les seuls débutants. Bien au contraire, ce sont souvent les pratiquants avancés, les sempaïs, les enseignants, et même les maîtres, qui devront être les plus attentifs à le cultiver, tant il pourrait leur être tentant de sombrer dans l’auto-satisfaction ou les certitudes – qui finissent par arrêter toute possibilité de progrès nouveaux, lesquels ne peuvent que supposer toujours la remise en question.

Il n’est cependant pas non plus facile pour les débutants d’avoir cet « esprit du débutant » ! Certains pratiquants viennent à l’aïkido avec des idées déjà très arrêtées ou sont par leur personnalité enclins à rechercher rapidement un sentiment de compétence, éventuellement très artificiel. Il est souvent extrêmement difficile pour ces débutants de progresser, leur esprit étant pour ainsi dire fermé à l’enseignement, trop préoccupé par d’autres questions, souvent passablement égocentriques.

Polir shoshin fait donc pleinement partie de la pratique de l’aïkido, et ce à tout niveau.

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