La question de la semaine (#54)

54 C’est quoi des suburis ?

Le terme japonais suburi désigne généralement en aïkido des coupes réalisées avec le bokken de façon répétitive – des dizaines, des centaines, voire des milliers de fois. Il existe également des suburis pouvant être réalisés avec le jo.

L’origine du mot renvoie à l’idée des bases, des premiers éléments, et à l’idée d’un mouvement d’oscillation, d’aller et retour du bras. L’idée fondamentale du suburi est, dans la répétition inlassable d’une coupe souvent très simple (comme shomen uchi), de laisser le corps s’imprégner du mouvement, d’améliorer la mobilité, le relâchement, la précision du geste, mais aussi la concentration, chaque geste devant être réalisé non pas de façon mécanique, mais avec une attention de chaque instant, et une véritable intention.

Les suburis peuvent se pratiquer dans différentes postures : en seiza, debout, les jambes parallèles ou en garde, sur place ou en avançant, un genou au sol… Il existe un grand nombre de variations, derrière lesquelles il ne faut surtout pas perdre le sens de l’exercice : chercher à chaque coupe le geste le plus juste possible à tous points de vue.

L’un des nombreux avantages de cet exercice est que l’on peut le pratiquer seul, à différents moments de la journée et dans un lieu autre que le dojo. De ce point de vue, un travail régulier, même modeste, paiera beaucoup plus que des séries très longues mais très occasionnelles.

On peut également pratiquer les suburis avec un suburito, variante plus massive du bokken. Cet outil beaucoup plus contraignant pour le corps oblige à travailler les coupes avec le centre, et non uniquement avec les muscles des bras. Pour éviter tout risque de blessure (tendinite), attention néanmoins à vous approprier progressivement ce nouvel outil, qui peut parfois être réellement beaucoup plus lourd.

Le travail des suburis est fondamental dans la pratique des armes de l’aïkido. Il est également très bénéfique dans la pratique à mains nues, que ce soit dans le travail des attaques ou de la mobilité, le relâchement et la détente des bras et du corps tout entier, ou la recherche du centre et d’un shisei juste.

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