La question de la semaine (#63)

63 Je suis en retard au cours, que dois-je faire ?

La « tolérance » vis à vis des retards est très inégale d’un dojo à l’autre. Au Honbu dojo, à Tokyo (le siège mondial de l’Aïkikaï), le manque de ponctualité est ainsi considéré comme un manque de politesse, et les retardataires préféreront souvent s’abstenir de pratiquer. En Europe, elle est généralement mieux tolérée, et l’on a tendance à considérer qu’il vaut mieux arriver en retard que ne pas venir s’entraîner.

La moindre des choses à cet égard est néanmoins de vous renseigner sur les « habitudes » au sein de votre dojo, de vous faire discret et, une fois arrivé, de rejoindre le tatami aussi rapidement que possible. Vous pouvez aussi, en cas de retard prévisible, demander à l’avance à votre enseignant s’il vous autorisera à participer à l’entraînement ; cela constituera une façon courtoise de le prévenir.

En cas de retard, il est d’usage, une fois changé, d’attendre discrètement l’autorisation du professeur avant de monter sur le tatami. Le pratiquant devra être attentif à cette autorisation, qui peut consister en un signe rapide et discret. Une fois sur le tatami, le pratiquant réalisera un premier salut à genou en direction du kamiza, puis un second salut à genoux à l’attention de son professeur. Il pourra ensuite intégrer l’entraînement avec l’exercice en cours.

Les usages peuvent cependant différer d’un dojo à l’autre et certains professeurs préféreront par exemple que le pratiquant monte sur le tatami sans attendre d’autorisation. Il faudra donc s’adapter aux habitudes du dojo, et pour ce faire prêter attention à ce que font les sempaïs.

Il est enfin important de souligner qu’il est tout à fait souhaitable de ne pas arriver en retard, non seulement par simple correction ou pour éviter de déranger le professeur ou les autres pratiquants ; mais aussi de façon à ne pas manquer la préparation généralement réalisée en début de cours, qui correspond aussi bien à un échauffement (permettant d’éviter les blessures) qu’à une étude des éléments fondamentaux de la pratique, qui seront exploités tout au long du cours.

Dans un cadre traditionnel, il est d’usage que les élèves arrivent en avance et procèdent, avant le cours, au nettoyage du dojo, et même à leur échauffement personnel, celui-ci n’étant pas pris en charge par l’enseignant. Si la pratique moderne ne s’inscrit plus toujours dans ce cadre, peut-être est-il néanmoins intéressant de s’en inspirer, pour cultiver en soi un certain esprit de vigilance, qui appartient pleinement à l’esprit du budo.

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