La question de la semaine (#64)

64 Où trouver la liste des règles d’étiquette ?

L’étiquette désigne la bonne façon de se comporter dans un dojo. C’est un aspect important de la pratique de l’aïkido, et les débutants sont souvent déroutés par certaines attitudes des pratiquants plus anciens ou sont incertains quant à l’attitude qu’eux-mêmes devraient adopter. Pourtant, il n’existe aucune « liste officielle » des choses à faire ou ne pas faire dans un dojo. Pourquoi ?

Tout d’abord parce que ces règles sont extrêmement nombreuses, complexes, et même relatives (ainsi la façon de pivoter pour saluer le kamiza dépendra-t-elle par exemple non seulement de la disposition du dojo, mais aussi de qui est présent dans le dojo, de l’endroit où l’on se trouve etc.).

Ensuite, et plus fondamentalement, parce que l’étiquette ne se limite pas à un ensemble de règles aveugles, qu’il faudrait appliquer de façon rigide. C’est toute la distinction entre reishiki (les comportements qu’il faut adopter) et reigisaho (l’esprit qui commande ces comportements) : l’étiquette est surtout la matérialisation d’une logique de respect et de la nécessité pour chacun de connaître sa place au sein du dojo et du groupe, qui va jusqu’à prescrire la bonne attitude dans tous les aspects de la pratique (par exemple : la sincérité de l’entraînement, le rôle du sempaï…).

Plus qu’un « savoir être », l’étiquette représente ainsi une véritable politesse, au sens où chaque pratiquant doit toujours chercher à « se polir », inlassablement, en cherchant à perfectionner son attitude dans tous les aspects de la pratique. Ainsi l’étiquette n’est-elle pas un élément extérieur à l’art martial, un simple décorum, mais en fait pleinement partie.

C’est certainement la raison pour laquelle il n’existe pas de « manuel » : parce qu’il appartient à chacun de développer son propre esprit de politesse, de s’approprier l’étiquette.

Envisagée sous cet angle personnel, plutôt que sous celui, servile, de la seule conformité, l’étiquette est facteur de progrès pour le pratiquant : elle aiguise ses perceptions, sa vivacité d’esprit, la précision et l’exactitude de ses gestes, elle améliore son état d’esprit et élargit la conscience qu’il a de ses propres actions ; elle lui permet, enfin, de trouver sa juste place au sein du dojo et du groupe.

Pour un débutant, la façon la plus simple et la plus naturelle de commencer consistera souvent à « faire comme » les anciens, à observer et reproduire les gestes, en n’hésitant pas, dans un second temps, à interroger ses sempaïs.

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