La question de la semaine (#65)

65 Qu’est-ce que keiko ?

Keiko (ou geiko) est le mot japonais que l’on traduit par « entraînement ». C’est de là que vient le nom du keikogi, la tenue d’entraînement.

Derrière l’apparente simplicité de la traduction, il faut néanmoins percevoir que keiko renvoie à un esprit particulier : la volonté de polir, de forger, de pétrir, de façon à passer d’un état grossier à un état plus raffiné. Il y a donc dans keiko une approche très corporelle : c’est en faisant, en répétant inlassablement que l’on apprendra, et non pas en dissertant, en étudiant au sens analytique du terme.

Pour autant, keiko ne consiste pas seulement à réaliser des techniques de façon aveugle. Il exige que le pratiquant se rende attentif et cherche avec sincérité à percevoir l’essence véritable des mouvements derrière les formes d’étude qui lui sont proposées. Au pétrissage du corps s’ajoutent donc la concentration, l’attention et la volonté, une certaine intention de percer un secret – alors que la simple répétition (aveugle, obstinée) serait pure perte de temps.

Dans une approche traditionnelle, l’entraînement se déroule en silence. Sauf cas particuliers, il n’y a sur le tatami qu’un seul professeur, et lui seul enseigne. Les autres pratiquants doivent être chacun préoccupé de chercher à perfectionner leur technique, en essayant de réaliser au mieux l’exercice proposé. Le rôle des sempaïs n’est ainsi pas, par exemple, de faire un cours privé aux débutants ; de même, il n’appartient pas à chaque pratiquant de décider de réaliser tel mouvement ou telle forme plutôt que ceux montrés par l’enseignant – cela constituerait des manquements non seulement à l’étiquette, mais aussi à l’esprit du keiko.

Il existe de nombreuses formes et méthodes d’entraînements différents : yagai geiko (entraînement en extérieur), ju no geiko et go no geiko (pratique souple et pratique « solide », qui sont clairement liées aux états de la matière : kotaï, jutaï, ekitaï, kitaï), hitori geiko (entraînement solitaire), mitori geiko (observation de l’entraînement, par exemple lorsque, blessé, on ne peut pas soi-même pratiquer), uchikomi geiko (pratique rapide, répétitive, sans chute), jyu geiko (entraînement libre, à ne pas confondre avec jyu waza, pratique libre)… Il est souvent profitable de varier les formes et méthodes d’entraînement.

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