La question de la semaine (#66)

66 Comment progresser en aïkido ?

En vous entraînant !

Cela peut paraître une évidence, mais il est important de souligner que l’aïkido ne s’apprend ni dans les livres ni sur internet, mais bien sur le tatami. Moins qu’une compréhension intellectuelle, ce sont en effet des sensations, des attitudes corporelles qu’il s’agit de mettre en place, ce qui ne peut se faire que dans une logique de sculpture, de polissage, de pétrissage.

La répétition constitue ainsi une clef importante, et la nécessité d’une certaine régularité doit être soulignée – ce qui est loin d’être aussi aisé qu’il n’y paraît, les occasions de manquer « juste un entraînement » étant nombreuses et variées : fatigue, mauvais temps, sorties entre amis…

Si la fréquence des entraînements détermine le rythme des progrès, il ne faut cependant pas non plus sous-estimer l’importance des temps de repos, non seulement nécessaires à la récupération (et donc : à la qualité des entraînements suivants ou à la pérennité de la pratique), mais qui permettent également l’assimilation de ce qui a été travaillé au dojo.

La quantité d’heures passées au dojo est par ailleurs loin d’être le seul facteur de progrès, et il faut également s’intéresser à la qualité de l’entraînement. Il est ainsi important de conserver durant l’entraînement une posture active et ce, tout d’abord, au sens corporel, en évitant de multiplier les inutiles temps morts, cherchant à « gagner du temps » pour s’économiser trop d’efforts – un bon état d’esprit consiste au contraire à s’engager sincèrement, à essayer de s’entraîner « le plus possible » à chaque séance, et ce aussi bien comme tori que comme uke.

Posture active, également, au sens où, loin de se limiter à une passive réception, l’entraînement doit être un processus actif de recherche, fait d’attention, de tâtonnements, d’essais et d’erreurs… Ce qui suppose tout d’abord d’avoir accepté l’idée même d’apprendre, en se méfiant des pièges que constituent l’orgueil, les fausses certitudes ou l’inattention. De ce point de vue, on soulignera l’importance de l’observation de la technique démontrée par l’enseignant, infiniment supérieure, du point de vue de l’apprentissage, au fait de se faire « ré-expliquer » le mouvement par un autre pratiquant : chercher à voir, c’est déjà chercher à comprendre.

Il est enfin certainement déterminant de savoir cultiver, à côté des indispensables efforts que ne peut que supposer une voie martiale comme l’aïkido, le plaisir de la pratique, gage de la motivation la plus puissante, le sérieux et l’engagement n’excluant pas le plaisir – bien au contraire !

Cette question vous a intéressé ? Achetez le livre !