La question de la semaine (#73)

73 Comment dois-je pratiquer avec les plus anciens ?

Il arrive souvent que les débutants se sentent impressionnés par les pratiquants plus anciens. Certains préfèrent même parfois éviter de travailler avec eux, de peur de les déranger ou de leur faire perdre leur temps.

Si les cours d’aïkido sont généralement organisés de façon à mélanger les pratiquants de tous niveaux, c’est cependant parce que les rencontres entre pratiquants d’anciennetés différentes font partie de la pratique. Elles peuvent même, à vrai dire, se révéler extrêmement bénéfiques pour les uns comme pour les autres, pour peu que l’on évite certaines maladresses.

Une première erreur consisterait à considérer le partenaire plus ancien comme un maître, et à rechercher à absorber son enseignement avec une dévotion aussi aveugle que déplacée – éventuellement en substituant la simple observation ou la recherche de longues explications verbeuses à la pratique. Bien qu’il soit plus avancé, l’ancien n’en est pas moins un pratiquant, qui vient s’entraîner et chercher à apprendre – ce qui signifie justement qu’il ne sait pas (tout). Par ailleurs, son rôle n’est pas d’enseigner, et attendre de lui qu’il le fasse ne consisterait-il pas finalement à le priver d’entraînement ?

Une seconde erreur consisterait à chercher à « vaincre » le partenaire plus ancien, en le bloquant ou en le brutalisant, comme si son éventuelle défaite pouvait signifier qu’on l’a dépassé. La pratique de l’aïkido ne se réduit pas à une situation d’opposition, et l’on risque surtout, à procéder ainsi, de sortir de l’étude.

Une dernière erreur consisterait enfin à oublier que le partenaire est effectivement plus ancien. S’il ne sait pas tout, s’il vient avant tout lui aussi pour s’entraîner et progresser, probablement en a-t-il néanmoins plus compris sur l’aïkido que ses kohaïs. Certainement alors serait-il dommage de ne pas chercher à s’inspirer de son attitude ou de sa façon de réaliser les techniques – et quelle meilleure occasion pour le faire que de pratiquer avec lui ? C’est en effet souvent dans la sincérité d’un entraînement silencieux et attentif que l’on progresse le mieux, développant des sensations fines, des automatismes corporels efficaces. Lorsque vous aurez expérimenté cette façon de procéder avec des partenaires plus anciens, peut-être souhaiterez-vous d’ailleurs l’adopter avec tous vos partenaires…

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