La question de la semaine (#74)

74 Comment puis-je m’occuper des débutants ?

C’est souvent lorsque de nouveaux débutants arrivent au dojo que l’on peut mesurer les progrès que l’on a soi-même effectués. La deuxième saison de pratique joue ainsi souvent le rôle de révélateur pour bien des pratiquants. Le temps passant, il devient alors légitime d’avoir envie d’accueillir les nouveaux venus, et de les aider à faire à leur tour leurs premiers pas. Cette démarche est naturelle, et correspond assez bien au rôle du sempaï.

Si la personnalité de chacun, les habitudes du groupe et les codes culturels du milieu doivent être pris en compte, il est néanmoins possible de formuler quelques conseils à valeur générale, qui pourront vous aider à trouver la juste attitude vis à vis de nouveaux pratiquants.

Le principe le plus important consiste à se souvenir que les débutants sont avant tout des pratiquants comme les autres : c’est en faisant qu’ils apprendront. Et s’ils ne savent pas encore tout, ce n’est certainement pas en démontrant vos propres connaissances que vous les aiderez à progresser, qu’il s’agisse des règles d’étiquettes ou de la réalisation des techniques.

Peut-être, à l’inverse, une bonne façon de procéder consiste-t-elle à permettre aux débutants de réellement pratiquer, c’est à dire chercher par eux-mêmes. Pour ce faire, l’idéal est certainement de se comporter avec eux en authentique partenaire, plutôt qu’en tuteur ennuyé, ou, pire : en censeur qui ne tolérerait aucune de leurs erreurs.

Créer un climat de confiance, donnant le droit à l’erreur (et donc : aux essais) est à ce titre également déterminant. Ceci peut passer par une certaine cordialité, par quelques paroles ou sourires accueillants, et par une tolérance envers les éventuels faux-pas que ne manqueront pas de commettre les nouveaux arrivants, comme nous les avons nous-mêmes commis. Il est en cela important de ne pas confondre étiquette et austérité, pratique sérieuse et atmosphère pesante.

N’oubliez pas que si l’aïkido est une discipline riche, elle commence souvent par être une simple pratique de loisir, et que derrière chaque grand maître se cache un ancien débutant, simplement venu « pour faire un essai ». Quel ancien préféreriez-vous avoir été pour lui ? Ce grincheux un peu sinistre qui levait les yeux au ciel à chacune de ses approximations ? Ce rustre distant qui semblait refuser de pratiquer avec les débutants ? Ou le partenaire d’entraînement accessible et inspirant, qui lui a donné envie de continuer à pratiquer en s’entraînant avec lui ?

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