La question de la semaine (#80)

80 Puis-je m’entraîner ailleurs que dans mon club ?

On a coutume de dire qu’un enseignant n’est pas propriétaire de ses élèves, et un pratiquant reste toujours libre de s’entraîner où il le souhaite, de changer de club ou de suivre plusieurs enseignants.

Pour autant, la relation entre un pratiquant et son professeur est loin de se limiter à une transaction commerciale et implique, pour être complète, la construction d’une proximité, d’une confiance et d’une forme d’engagement réciproque qui ne peuvent se construire que dans la durée.

N’oublions pas que les arts martiaux sont à l’origine pratiqués au sein d’écoles (ryus) qui réservaient leurs enseignements les plus importants aux élèves les plus avancés. De cette origine martiale, il reste en aïkido l’idée d’une certaine forme de loyauté et d’une appartenance au groupe.

Pratiquer hors de son club constitue malgré tout souvent une occasion d’enrichir sa pratique, aussi ne saurait-on trop conseiller aux pratiquants de participer à des stages ou de profiter d’un voyage pour aller s’entraîner en tatami inconnu.

Pour les plus débutants, cette plongée dans un enseignement différent peut cependant également constituer une occasion de confusion qu’il ne faut pas négliger. Il est donc considéré non seulement comme courtois, mais aussi comme avisé d’en parler préalablement à son professeur – qui pourra du reste certainement vous conseiller au mieux.

Un autre point important de l’étiquette, lorsque l’on se rend dans un autre dojo pour s’entraîner, est de ne pas oublier que l’on y a le statut d’invité. Même si cela sera presque invariablement refusé, il est poli de proposer de payer pour la séance. On démontre ainsi que l’on a conscience que rien ne nous est dû. Après avoir été autorisé par l’enseignant à participer à l’entraînement, il faudra également se comporter de façon respectueuse, non seulement des personnes, mais également de l’enseignement donné. Il serait, évidemment, très mal venu de « donner des leçons » ou d’essayer de faire valoir la pratique de son propre club. On n’oubliera évidemment pas non plus de remercier l’enseignant et les pratiquants qui nous ont fait l’amitié de nous accepter sur leur tatami – ni de leur retourner la faveur de l’invitation, si l’on a pour cela l’accord de son propre enseignant.

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