La question de la semaine (#88)

88 Quand l’étude de l’aïkido s’arrête-t-elle ?

Il est possible de commencer l’étude de l’aïkido pour de nombreuses raisons différentes. À ce titre, certainement pourrait-on, à tout moment, se sentir satisfait, et avoir l’impression d’avoir trouvé ce que l’on était venu chercher. Mais il est tout aussi certain qu’aucune de ces raisons n’épuise à elle seule la richesse de cette discipline. Il est même fort probable qu’après quelques années de pratique vous ayez surtout découvert de nouvelles raisons de pratiquer !

En elle-même, l’étude de l’aïkido n’a pas de fin. En tant que budo, l’aïkido est une voie, où la destination compte moins que le chemin parcouru. Plus qu’une méthode déstinée fournir quelque chose (la puissance, l’efficacité au combat, la beauté du corps…), c’est une voie d’accès à soi-même et aux autres, que l’on n’a jamais fini de parcourir. C’est la raison pour laquelle le fondateur de l’aïkido, et bien d’autres maîtres après lui, ont continué à pratiquer jusqu’à leurs derniers jours.

C’est également l’avantage d’une pratique qui n’est pas construite sur les seules capacités physiques, sur la domination dans la confrontation : elle peut ainsi être pratiquée sincèrement et pleinement à tout âge, sans que le cycle normal du déclin des capacités physiques ne marque la fin de la progression. Bien entendu, cette longévité appellera certainement des adaptations, des modifications de la pratique – mais ces évolutions n’appartiennent-elles pas elles-mêmes à l’aïkido ?

Si l’aïkido peut ainsi être pratiqué sans fin, il faut en revanche garder à l’esprit que l’étude s’arrête en réalité dès que la pratique cesse d’être sincère. Il est facile, au fil des grades, des années, de s’enfermer dans la certitude du savoir, dans le confort, refusant toute difficulté, toute remise en question, oubliant que l’on n’est jamais arrivé au bout de cette voie. Ainsi importe-t-il que l’enseignant sache rester élève et que le pratiquant avancé garde l’esprit du débutant (shoshin).

Concrètement, il s’agira pour tous de continuer à chercher à parfaire les gestes qui constituent le répertoire technique de l’aïkido, en se rendant attentif à toujours plus d’éléments, qui pouvaient auparavant apparaître comme des détails insignifiants, de continuer d’approfondir sa compréhension des fondations, de continuer à forger son corps, son esprit. Ceci peut également être atteint à travers l’enseignement.

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